
En 1861, sa mère,
Claudine Liminet,
veuve, vit
chez les Larue, ses beaux-parents à Besse, hameaux de
St-Aubin-en-Charollais.
Le 3 Août 1868, le grand-père de Philiberte, Jean Larue, chef de la
"communauté"
décède à l’âge de 75 ans.
Jean Larue est l’arrière grand-père de Jeanne Ducarouge, ma grand-mère,
mais aussi de Jean-Claude
Delorme, mon grand-père. Mes grand-parents étant
cousins au second degré
Jean-Marie Larue, son fils (c’est le grand-père de Jean-Claude Delorme)
reprend la ferme de Besse à Saint-Aubin. Puis vers les années 1880, il
part pour le
hameau de la Vallière à Grandvaux.
Claudine, seule, doit quitter Saint-Aubin avec ses deux enfants, Jean et Philiberte.
Vers 1883, elle arrive à Availly. Elle a 58 ans quand elle prend la
ferme. Elle est aidée de son fils Jean, né en 1856, marié à Claudine
Cortois
et de sa fille Philiberte (mon arrière grand-mère).
Malheureusement, Claudine Liminet décède le 17 janvier 1889 à Availly.
Elle est âgée de 63 ans.
Jean prend la relève avec sa femme Claudine et
Philiberte vit avec eux.
Mais comme un malheur n'arrive jamais seule, quelques mois plus tard,
le 4 janvier 1890, Jean décède
subitement à l’âge de 33 ans !
Claudine Cortois, veuve, se remarie avec un
domestique qui travaillait à a ferme, Jean-Claude Martin. Ils partent s’installer au
hameau de
Drée à Curbigny où ils eurent 2 enfants. Jean-Claude Martin avait été
atteint de la variole car sur son livret militaire, il est noté que son
visage est « grêlé ».
Philiberte Larue se marie sans doute précipitamment le 15 mars 1890 avec François
Ducarouge originaire de Saint-Vincent-les-Bragny. A cette époque,
François vit à Pouilly-sous-Charlieu avec son frère cultivateur et
négociant en vin.
François Ducarouge en 1919
Ils reprennent donc la ferme d'Availly.
Cinq enfants naîtront de cette union, tous nés à Availly:
- Jean-Marie le 14 janvier 1892.
- Louis, le 29 novembre 1894
- Marie le 12 août 1896. Elle décède un mois
plus tard, le 9 septembre.
- Jeanne, ma grand-mère, le 12 Septembre 1897.
- Joanny le 19 Janvier 1900 et décède le 15
octobre 1900.
Enfin, tout va bien dans le meilleur des mondes !
La
ferme s'agrandit. D'ailleurs, il y a constamment quatre à cinq
domestiques ce qui semble montrer une certaine aisance et
beaucoup de travail.
Mais au début des années 1910, le climat internationnal se
détériore, la guerre menace !
L'Archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois est
assassiné avec son épouse à Sajarevo le 28 juin 1914. Ce sera l'élément
déclencheur de le 1ère guerre mondiale !
Puis, Jaurès est assassiné le 31 juillet 1914.... On connaît la suite
...
Le 2 août 1914,
Mobilisation
Générale !!!!
Jean-Marie
Ducarouge, est déjà sous les drapeaux depuis le 7 octobre 1913,
au 31ème Bataillon des Chasseurs à Pied.
Louis Ducarouge doit rejoindre
Autun au plus vite ! Il est affecté au 12ème régiment des
Hussards.
Pour en savoir plus sur les
frères Ducarouge, cliquez sur l'affiche
Pour
rejoindre Autun, pas de problème, par le tacot qui passe devant la
ferme, en 2 heures ce sera fait !
Ils
partent à la guerre la fleur au fusil...

Le 20 août 1914, à peine trois
semaines après le début de la guerre,
Jean-Marie est tué au Col de Saint-Léon dans la Meuse.(rien que ce
jour-là il y eu 800 morts au Col de Saint-Léon !). Il avait 22 ans et 6
mois.
Le 3 Juin 1917, Louis, à son tour,
est tué à Craonne (Aisne). Il avait
22 ans et 7 mois ! . Il avait peu de chance de s’en sortir puisqu’il y
eu à Craonne 130000 morts en 10 jours ! Craonne qui comptait 608
habitants en 1911 n’en avait plus que 44 en 1921. Le village fut
détruit à 90%.
Le 11 Nov. 1918 c’est l’armistice.
C’est l’heure des comptes.
Les champs et les cultures ont
énormément souffert du manque de main
d'oeuvre.
Les Ducarouge ont beaucoup perdu.
Leur deux fils, "tués à l’ennemi"
comme on
disait, le cheval a été réquisitionné par l’armée, la vieille jument
âgée de plus de 10 ans est morte, et le moral est au plus bas !
Philiberte Larue est très affectée
par la mort de ses deux fils.
Elle ne s'en remettra pas. Elle meurt accablée de chagrin début 1919,
âgée de 57 ans.
François Ducarouge se retrouve seul,
avec sa fille Jeanne.
A
noter: je me souviens quand j'étais jeune avoir demandé à ma grand-mère
si elle avait des frères et soeurs. Alors qu'elle essayait de me
répondre elle s'est mise à pleurer. A chaque fois qu'elle évoquait ses frères elle se mettait à pleurer...
Historique de Jean-Claude Delorme :
Heureusement
le sauveur va arriver !
En 1915, un jeune homme, chargé de
réquisitionner les chevaux pendant
la guerre, passe à la ferme. C'est un cousin des Ducarouge, un gas de
Viry ! C'est un nommé Jean-Claude Delorme
dit « Le Glaude ».
Lui aussi il a souffert de la guerre. Il
reviendra avec un éclat d'obus
dans la hanche, mais vivant. Sa blessure l'a sans doute sauvé.
La Jeanne ne le laisse pas indifférent !
Après la guerre c’est lui, le Glaude qui
vole au secours de la famille.
Il épouse
Jeanne en 1919 et remonte la situation difficile de la
ferme avec son beau-père François.
A
noter: Sur le recensement de 1921, il y avait un Pierre Matrat
domestique à la ferme.
Il restera ami du grand-père et de la famille. Il se mariera en 1927 et
fera carrière
comme garde républicain à Paris.
