AVAILLY
LES LARUE - DUCAROUGE - DELORME




Historique de Philiberte Larue et François Ducarouge

Il faut s’arrêter sur le destin de Philiberte Larue, mon arrière grand-mère, fille de Nicolas Larue et Claudine Liminet.
Elle aura accumulé beaucoup de malheurs tout au long de sa vie.

Son histoire commence très mal !

Avant sa naissance, le 31 Août 1861, sa soeur Jeanne décède à l’âge de 2 ans.
Philiberte naîtra 9 mois et un jour plus tard, le 1 juin 1862 à Saint-Aubin. Ses parents ont sans doute voulu remplacer la petite Jeanne au plus vite !
Mais elle naît orpheline car son père Nicolas décéde le 17 oct. 1861 à l’âge de 39 ans, 7 mois avant sa naissance.
Ce n'est pas vraiment idéal pour commencer dans la vie.

En 1861, sa mère, Claudine Liminet, veuve, vit chez les Larue, ses beaux-parents à Besse, hameaux de St-Aubin-en-Charollais.
Le 3 Août 1868, le grand-père de Philiberte, Jean Larue, chef de la "communauté" décède à l’âge de 75 ans.
Jean Larue est l’arrière grand-père de Jeanne Ducarouge, ma grand-mère, mais aussi de Jean-Claude Delorme, mon grand-père. Mes grand-parents étant cousins au second degré

Jean-Marie Larue, son fils (c’est le grand-père de Jean-Claude Delorme) reprend la ferme de Besse à Saint-Aubin. Puis vers les années 1880, il part pour le  hameau de la Vallière à Grandvaux.

Claudine, seule, doit quitter Saint-Aubin avec ses deux enfants, Jean et Philiberte.
Vers 1883, elle arrive à Availly. Elle a 58 ans quand elle prend la ferme. Elle est aidée de son fils Jean, né en 1856, marié à Claudine Cortois et de sa fille Philiberte (mon arrière grand-mère).

Malheureusement, Claudine Liminet décède le 17 janvier 1889 à Availly. Elle est âgée de 63 ans.
Jean prend la relève avec sa femme Claudine et Philiberte vit avec eux.
Mais comme un malheur n'arrive jamais seule, quelques mois plus tard, le 4 janvier 1890, Jean décède subitement à l’âge de 33 ans !

Claudine Cortois, veuve, se remarie avec un domestique qui travaillait à a ferme, Jean-Claude Martin. Ils partent s’installer au hameau de Drée à Curbigny où ils eurent 2 enfants. Jean-Claude Martin avait été atteint de la variole car sur son livret militaire, il est noté que son visage est « grêlé ».

Philiberte Larue se marie sans doute précipitamment le 15 mars 1890 avec François Ducarouge originaire de Saint-Vincent-les-Bragny. A cette époque, François vit à Pouilly-sous-Charlieu avec son frère cultivateur et négociant en vin. 

François Ducarouge en 1919

Ils reprennent donc la ferme d'Availly.

Cinq enfants naîtront de cette union, tous nés à Availly:
    - Jean-Marie le 14 janvier 1892.
    - Louis, le 29 novembre 1894  
    - Marie le 12 août 1896. Elle décède un mois plus tard, le 9 septembre.
    - Jeanne, ma grand-mère, le 12 Septembre 1897.
    - Joanny le 19 Janvier 1900 et décède le 15 octobre 1900.

Enfin, tout va bien dans le meilleur des mondes !
La ferme s'agrandit. D'ailleurs, il y a constamment quatre à cinq domestiques ce  qui semble montrer une certaine aisance et beaucoup de travail.

Mais au début des années 1910, le climat  internationnal se détériore, la guerre menace !
L'Archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois est assassiné avec son épouse à Sajarevo le 28 juin 1914. Ce sera l'élément déclencheur de le 1ère guerre mondiale !
Puis, Jaurès est assassiné le 31 juillet 1914.... On connaît la suite ...

Le 2 août 1914, Mobilisation Générale !!!!

Jean-Marie Ducarouge, est déjà sous les drapeaux depuis le 7 octobre 1913, au 31ème Bataillon des Chasseurs à Pied.
Louis Ducarouge doit rejoindre Autun au plus vite ! Il est affecté au 12ème régiment des Hussards.

Pour en savoir plus sur les frères Ducarouge, cliquez sur l'affiche



Pour rejoindre Autun, pas de problème, par le tacot qui passe devant la ferme, en 2 heures ce sera fait !

Ils partent à la guerre la fleur au fusil...


Horaire du tacot en 1915


Le 20 août 1914, à peine trois semaines après le début de la guerre, Jean-Marie est tué au Col de Saint-Léon dans la Meuse.(rien que ce jour-là il y eu 800 morts au Col de Saint-Léon !). Il avait 22 ans et 6 mois.

Le 3 Juin 1917, Louis, à son tour, est tué à Craonne (Aisne). Il avait 22 ans et 7 mois ! . Il avait peu de chance de s’en sortir puisqu’il y eu à Craonne 130000 morts en 10 jours ! Craonne qui comptait 608 habitants en 1911 n’en avait plus que 44 en 1921. Le village fut détruit à 90%.

Le 11 Nov. 1918 c’est l’armistice. C’est l’heure des comptes.
Les champs et les cultures ont énormément souffert du manque de main d'oeuvre.
Les Ducarouge ont beaucoup perdu.
Leur deux fils, "tués à l’ennemi" comme on disait, le cheval a été réquisitionné par l’armée, la vieille jument âgée de plus de 10 ans est morte, et le moral est au plus bas !

Philiberte Larue est très affectée par la mort de ses deux fils. Elle ne s'en remettra pas. Elle meurt accablée de chagrin début 1919, âgée de 57 ans.
François Ducarouge se retrouve seul, avec sa fille Jeanne.

A noter: je me souviens quand j'étais jeune avoir demandé à ma grand-mère si elle avait des frères et soeurs. Alors qu'elle essayait de me répondre elle s'est mise à pleurer. A chaque fois qu'elle évoquait ses frères elle se mettait à pleurer...

Historique de Jean-Claude Delorme :

Heureusement le sauveur va arriver !
En 1915, un jeune homme, chargé de réquisitionner les chevaux pendant la guerre, passe à la ferme. C'est un cousin des Ducarouge, un gas de Viry ! C'est un nommé Jean-Claude Delorme dit « Le Glaude ».
Lui aussi il a souffert de la guerre. Il reviendra avec un éclat d'obus dans la hanche, mais vivant. Sa blessure l'a sans doute sauvé.
La Jeanne ne le laisse pas indifférent !
Après la guerre c’est lui, le Glaude qui vole au secours de la famille. Il épouse Jeanne en 1919 et remonte la situation difficile de la ferme avec son beau-père François.

A noter: Sur le recensement de 1921, il y avait un Pierre Matrat domestique à la ferme. Il restera ami du grand-père et de la famille. Il se mariera en 1927 et fera carrière comme garde républicain à Paris.

Ils auront cinq enfants, tous naissent à Availly:
Louis, le 20 Février 1921.
Hélène et Marie, le 12 Mai 1923.
Jean, le 12 Février 1927
André, le 27 Décembre 1934.

François Ducarouge, victime d’une attaque cérébrale vers 1925, vit dans un fauteuil roulant et décède en 1933.
Le Glaude et la Jeanne dirigent seuls, la ferme d’Availly d’en-bas.

Les années plus prospères arrivent enfin !

Louis épousera Françine Laupin du Montot, et deviendra journaliste pour la Dépêche à St-Etienne.
Jean marié à Ninette Préaut deviendra courtier en assurance à Saint-Agnan.
Marie épousera Emile Planchard et partira au Mali avec son Milou.
Hélène se mariera avec Ernest Ducerf, un gas de Perrecy. (heureusement sinon je ne sera pas là à écrire cette note !)
André Delorme épousera Anne-Marie Debarnot, une fille de Viry. 
Ils reprendront la ferme après la retraite du Glaude à Rigny vers 1960

Et puis suivent quinze petits-enfants.
Par ordre d'apparition: Gérard, Annie, Bruno, Paul, Jean-Marc, François, Jean-Luc, Michel, Catherine, Brigitte, Isabelle, Agnès, Béatrice, Sophie et Blandine.

Le Glaude et la Jeanne pour leurs noces d'Or en 1969



A Availly d’en-haut, après la guerre une famille Prost s’installe.
Henri Baujard épouse Louise Prost. Ils auront 3 enfants (Roger, Yvonne, Marcelle)
Ensuite Louis Beauchamp et Germaine Gronfier tiendront la ferme jusqu’en 1980.
Maintenant, c'est M. Brun qui gère la ferme.