Les Jacqueries d'Ozolles pendant la famine de 1709







Pendant la famine de 1709, des révoltes de la faim ont eu lieu dans le Charollais, notamment à Ozolles.
Jean Pascaud a été condamné "d’avoir les jambes, cuisses et reins rompus vifs..."
Claude Deschamps a été condamné "à être pendu et étranglé jusqu’à ce que mort s’en suive à une potence..."

Les deux exécutions  se sont passées à Charolles fin 1709





Voici la requête du Procureur Des'hautel contre eux
Et le jugement de Jacques Taboulot Avocat du Roy


Requête du Procureur du Roy Des’hautel, au Prévost des maréchaux du comté de Charollais contre les habitants de Marcilly pour attaque et vol à main armée au château de Moulin-Lacour, paroisse d’Ozolles

Dans la nuit du Jeudi 7 mars au vendredi 8 mars 1709, les nommés François et Claude Dars du village de Verneuil de la paroisse de Marcilly, Claude Deschamps et Claude Pétillât demeurant aux Drouillards, Benoît Patillot, Claude Blanchard dit « la semelle » du village des Bas-Girard, fendeurs de bois, le nommé Monnier et le nommé Jean valets des Dessunet du village de Lagrost, tous de la paroisse d’Ozolles et plusieurs autres complices armés de fusils seraient allés au Château Moulin-Lacour où Jean Bouchenoire est fermier. Après avoir escaladé le mur du château et enfoncé une fenêtre de l’un des greniers, ils volèrent 50 boisseaux de froment,

Dans la nuit du 17 au 18 Avril 1709, ils entrèrent dans la maison de Claude Saclier, laboureur au village du Montet, paroisse de Verosvres, où ils blessèrent Claude Saclier et Pierre Bailly en tirant des coups de fusils. Ils prirent huit mesures de froment, trois boisseaux de noix, quatre quartiers de lard, les jambons et toute la dépouille d’un pourceau, une mouture de deux mesures d’orge, une mesure de blé noir, deux mesures de pois, seize mesures de seigle, deux gros pains de seigle, une pièce de trente sols et deux pièces de 3 sols et neuf deniers, et un sac de farine de seigle de la contenance de cinq boisseaux appartenant à Marie Lacoque

Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 avril ils enfoncèrent la porte du grenier de la maison de Pierre Quarré, maire perpétuel de Charolles, située à Verosvres ils prirent tous les grains qui s’y trouvaient.

La nuit du 19 avril, ils prirent chez Pierre Quarré tout le blé, tous les habits et linges qu’ils y trouvaient et dans une étable de la métairie ils prirent un boeuf (qui s’étant echappé retourna à son étable le lendemain).

Le 22 et 23 Avril, ils enfonçèrent la maison de Benoît Fénéon, laboureur au village de la Robine à Ozolles, entrèrent dans la maison, terrassèrent Benoîte Fauconnet sa femme, forçèrent les coffres et une armoire, prirent tout les linges qui s’y trouvaient, un quartier de lard, de la vaisselle d’étain et trente mesures de froment. Ils tuèrent à coup de fusil les boeufs et vaches qui s’y trouvaient, volèrent les moutons et les veaux.



Conclusions des interrogatoires de Jean Pascaud et Claude Deschamps écroué pour vols et attroupements armés.

Le 16 Juillet 1709

   « Je requiers pour le Roy, Jean Pascaud être déclaré dument atteint et convaincu de s’être attroupé avec plusieurs autres voleurs, armé de fusil, bayonnette, cognée et autres armes et d’avoir enfoncé et brisé la nuit les portes et fenêtres des greniers du chateau de Rambuteau du nommé Fénéon demeurant à la Robine paroisse d’Ozolles et de la maison de Claude Saclier, laboureur au village de Montot, paroisse de Vérosvre et d’y avoir volé à savoir, audit Rambuteau vingt-cinq mesures de froment, audit Sablier Trente mesure tant seigle, froment que légumes, vingt livres d’avoine, dix livres de fil et plusieurs autres effets comme linges, hardes, chemises et rideaux de lin, et au dit Fénéon trente mesures de froment, deux mesures d’orge, six livres de fil, quatre livres de laine et plusieurs autres effets, d’avoir ledit Pascaud incité les nommés Sivignon meunier (Desens) et son fils, Claude, Claude Dars et plusieurs autres d’aller avec lui commettre les dits vols et de les avoir menacer de les tuer s’ils refusaient de les accompagner, pour réparation de quoi il soit condamné d’avoir les jambes, cuisses et reins rompus vifs sur un échafauds qui pour cet effet sera dressé à la la place ordinaire des exécutions de cette ville (Charolles) et mis ensuite sur une roue la face tournée vers le ciel pour y finir ses jours, ce fait, que son corps soit porté par l’exécuteur de la haute justice sur le chemin d’Ozolles, les biens acquis et confisqués à qui il appartiendra sur ceux préalablement pris la somme de cinq cents livres d’amende au profit du Roy en cas que confiscation n’ait lieu au profit de Sa Majesté.
    Je requiers aussi que Claude Deschamps soit déclaré dument atteint et convaincu de s’être attroupé la nuit avec plusieurs autres voleurs avec port d’armes, d’être aller escalader les greniers du château de Moulin Lacour, d’avoir enfoncé les fenêtres du grenier et d’y avoir volé soixante mesures de froment, de l’orge et des lentilles ; comme aussi d’être allé attendre dans le grand chemin de Villars, au Bois-Sainte-Marie avec les dits complices, un char de blé que le sieur Persavin faisait conduire à la Clayette et d’y en avoir volé un pichet, pour réparation de quoi le dit Deschamps soit condamné à être pendu et étranglé jusqu’à ce que mort s’en suive à une potence qui pour cet effet sera planté à la place ordinaire des exécutions de cette ville, (……) ses biens soient déclarés acquis et confisqués à qui il appartiendra et que su iceux il sera pris la somme de deux cents livres d’amende envers le Roy, au cas que confiscation n’ait lieu au profit de Sa Majesté.

Fait à Charolles au parquet des Gens du Roy ce sixième juillet 1709 de l’advis de Maistre Jacques Taboulot Conseiller et Advocat du Roy au Baillage et Chancellerie de Charollois. »

Signé: Jacques Taboulot et Des’autel procureur du Roy