Requête
du Procureur du Roy Des’hautel, au Prévost des maréchaux du comté de
Charollais contre les habitants de Marcilly pour attaque et vol à main
armée au château de Moulin-Lacour, paroisse d’Ozolles
Dans la nuit du Jeudi 7 mars au vendredi 8 mars 1709, les nommés
François et Claude Dars du village de Verneuil de la paroisse de
Marcilly, Claude Deschamps et Claude Pétillât demeurant aux
Drouillards, Benoît Patillot, Claude Blanchard dit « la
semelle » du village des Bas-Girard, fendeurs de bois, le nommé
Monnier et le nommé Jean valets des Dessunet du village de Lagrost,
tous de la paroisse d’Ozolles et plusieurs autres complices armés de
fusils seraient allés au Château Moulin-Lacour où Jean Bouchenoire est
fermier. Après avoir escaladé le mur du château et enfoncé une fenêtre
de l’un des greniers, ils volèrent 50 boisseaux de froment,
Dans la nuit du 17 au 18 Avril 1709, ils entrèrent dans la maison de
Claude Saclier, laboureur au village du Montet, paroisse de Verosvres,
où ils blessèrent Claude Saclier et Pierre Bailly en tirant des coups
de fusils. Ils prirent huit mesures de froment, trois boisseaux de
noix, quatre quartiers de lard, les jambons et toute la dépouille d’un
pourceau, une mouture de deux mesures d’orge, une mesure de blé noir,
deux mesures de pois, seize mesures de seigle, deux gros pains de
seigle, une pièce de trente sols et deux pièces de 3 sols et neuf
deniers, et un sac de farine de seigle de la contenance de cinq
boisseaux appartenant à Marie Lacoque
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 avril ils enfoncèrent la porte du
grenier de la maison de Pierre Quarré, maire perpétuel de Charolles,
située à Verosvres ils prirent tous les grains qui s’y trouvaient.
La nuit du 19 avril, ils prirent chez Pierre Quarré tout le blé, tous
les habits et linges qu’ils y trouvaient et dans une étable de la
métairie ils prirent un boeuf (qui s’étant echappé retourna à son
étable le lendemain).
Le 22 et 23 Avril, ils enfonçèrent la maison de Benoît Fénéon,
laboureur au village de la Robine à Ozolles, entrèrent dans la maison,
terrassèrent Benoîte Fauconnet sa femme, forçèrent les coffres et une
armoire, prirent tout les linges qui s’y trouvaient, un quartier de
lard, de la vaisselle d’étain et trente mesures de froment. Ils tuèrent
à coup de fusil les boeufs et vaches qui s’y trouvaient, volèrent les
moutons et les veaux.
Conclusions des interrogatoires
de Jean Pascaud et Claude Deschamps
écroué pour vols et attroupements armés.
Le 16 Juillet 1709
«
Je requiers
pour le Roy, Jean Pascaud
être déclaré dument atteint et convaincu de s’être attroupé avec
plusieurs autres voleurs, armé de fusil, bayonnette, cognée et autres
armes et d’avoir enfoncé et brisé la nuit les portes et fenêtres des
greniers du chateau de Rambuteau du nommé Fénéon demeurant à la Robine
paroisse d’Ozolles et de la maison de Claude Saclier, laboureur au
village de Montot, paroisse de Vérosvre et d’y avoir volé à savoir,
audit Rambuteau vingt-cinq mesures de froment, audit Sablier Trente
mesure tant seigle, froment que légumes, vingt livres d’avoine, dix
livres de fil et plusieurs autres effets comme linges, hardes, chemises
et rideaux de lin, et au dit Fénéon trente mesures de froment, deux
mesures d’orge, six livres de fil, quatre livres de laine et plusieurs
autres effets, d’avoir ledit Pascaud incité les nommés Sivignon meunier
(Desens) et son fils, Claude, Claude Dars et plusieurs autres d’aller
avec lui commettre les dits vols et de les avoir menacer de les tuer
s’ils refusaient de les accompagner,
pour
réparation de quoi il soit condamné d’avoir les jambes, cuisses et
reins rompus vifs sur un échafauds qui pour cet effet sera dressé à la
la place ordinaire des exécutions de cette ville (Charolles) et mis
ensuite sur une roue la face tournée vers le ciel pour y finir ses
jours, ce fait, que son corps soit porté par l’exécuteur de la
haute justice sur le chemin d’Ozolles, les biens acquis et confisqués à
qui il appartiendra sur ceux préalablement pris la somme de cinq cents
livres d’amende au profit du Roy en cas que confiscation n’ait lieu au
profit de Sa Majesté.
Je requiers
aussi que Claude Deschamps
soit déclaré dument atteint et convaincu de s’être attroupé la nuit
avec plusieurs autres voleurs avec port d’armes, d’être aller escalader
les greniers du château de Moulin Lacour, d’avoir enfoncé les fenêtres
du grenier et d’y avoir volé soixante mesures de froment, de l’orge et
des lentilles ; comme aussi d’être allé attendre dans le grand chemin
de Villars, au Bois-Sainte-Marie avec les dits complices, un char de
blé que le sieur Persavin faisait conduire à la Clayette et d’y en
avoir volé un pichet, pour réparation de quoi
le
dit Deschamps soit condamné à être pendu et étranglé jusqu’à ce que
mort s’en suive à une potence qui pour cet effet sera planté à la place
ordinaire des exécutions de cette ville, (……) ses biens soient
déclarés acquis et confisqués à qui il appartiendra et que su iceux il
sera pris la somme de deux cents livres d’amende envers le Roy, au cas
que confiscation n’ait lieu au profit de Sa Majesté.
Fait à Charolles au parquet des Gens du Roy ce sixième juillet 1709 de
l’advis de Maistre Jacques Taboulot Conseiller et Advocat du Roy au
Baillage et Chancellerie de Charollois. »
Signé: Jacques Taboulot et Des’autel procureur du Roy