Accident de François Guyot tombé d’un cerisier
à Saint Léger-les-Paray



François Guyot, né en 1642, est le fils de Catherin Guyot, un de mes ancêtres à la 13ème génération (branche Ducarouge).

Voir mes ancêtres jusqu'à Catherin Guyot

François, pour avoir voulu aller "aux cerises", le 24 Juin 1666, jour de la Fête-Dieu et de la Saint-Jean-Baptiste, le paya au prix fort, puisqu'il se rompit le cou en tombant d'un cerisier.
Le curé de Saint-Léger-les-Paray Jean-Joseph DELAPANDERIE nous fait ici le récit de cet accident et de tous les efforts des chirurgiens de Paray pour essayer de le sauver.
François décède le 2 juillet 1666 à 7h00 du matin. Sa femme Blaise Borde donnera naissance à un petit Philibert le 21 juillet 1666.


Récit du curé Delapanderie de Saint-Léger  

Lien vers le registre

    Le jeudy 24 juin 1666 jour de la Feste Dieu et Nativité St Jean Baptiste, un parroissien de St Léger nommé Francois GUIOT du village de Lafin aagé de 24 ans, mary de Blaise BORDE, devant le soleil levé dudit jour alla aux cerises et, peu apres estre monté sur un grand et hault cerisier, fut atteint d'une foiblesse ou mal de cœur, et en mesme temps tomba sur la tere. Telle cheutte a esté très malheureuse et funeste, car ledit Francois GUIOT se démit et rompit la troisième vertèbre du cou, au dessous du col, et par un contrecoup se fit très grande meurtrissure dans la hanche droite et au bras gauche. Le premier coup ayant blessé et rompu l’épine du dos, et en suitte le continu de la moüelle a rendu depuis laditte fracture tout le reste du corps en bas insensible, a estouffé la vessie relaxative de la nature tellement que tous les conduits d'en bas sont demeurez fermés, néanmoins trois jours après nature estant faible et débilitée laschoit le ventre sans violence, sans force et sans sentiment, pour les urines le conduit n'estant pas droit et le col de la vessie estant offensé et meurtry, elles n'ont pu sortir que par l’innovation et ayde d'une sonde d'argent creuse autrement appellé Largaril.
    Le samedy suivant 26 juin, de Lafin, on mena sur un char ledit GUIOT à Paray, affin d’estre vu et traitté par les chirurgiens de la ville, qui le virent tous le lendemain qui fut le dimanche 27 juin. Puis le mardy 29 juin jour de feste de St Pierre et St Paul maître Guillaume BILLET docteur en médecine et maître Philibert de la METERIE maître chirurgien traittant ledit malade, maîtres André PONCET, Isaac VIRIDET, Jacques BOUILLET, Jean GUINET, Philibert DECAMP, Alexandre BAUDERON, Isaac VIRIDET le jeune, tous maîtres chirurgiens de la ville de Paray, après avoir vu le malade gisant dans une chambre basse de la maison de vénérable Jean Baptiste MAYNEAUD prêtre sociétaire à Paray, s'assemblèrent dans la chambre haute de laditte maison proche St Nicolas et firent entre eux une consultation au subjet dudit patient, et conclurent tous que le mal estoit incurable et mortel.
    Le mercredy 30 juin tous ces messieurs s’assemblèrent encore pour remédier et remettre la vertèbre à sa place. Ayant tous opiné et raisonné qu'il falloit nécessairement qu'il y eut une vertèbre relaxée et hors de sa place, ce que pourtant ne luy faisoit aucune douleur, quand il estoit couché sur son dos, mais aussi tost qu’on luy touchoit la teste et les espaules et qu’on vouloit le remuer, il demeuroit à cœur failly et la raison en est parce que l'os de la vertèbre rompu et avancé au-dedans le piquoît très sensiblement au-dedans quant on le remuoit. Après tous les remèdes, forces, extensions et violences faites sur ledit malade, tous ces messieurs n'ont pu remettre ledit os relaxé et rompu au dedans du corps, ce qui ne paroissoit pourtant point au dehors, vray est que l'on sentoit bien qu'il n'estoit à sa place, mais l'on ne pouvoit pas juger extérieurement qu’il fut (outre sa non situation) rompu au-dedans tellement que le sang descendant par les vaisseaux et veines du col en bas trouvant son chemin ordinaire rompu se jettoit dans l’estomac ou n'estant dans son lieu et repos naturel devoit infailliblement suffocquer le patient ou se putréfier et y faire un absez qui fut esté mortel, attendu la faiblesse et débilité des membres et facultés naturelles intérieures.
    Le vendredy suivant 2 jour de juillet ledit patient sentant ses forces abbatues tesmoigna autant et plus fermement que auparavant regret et douleur de ses fautes, et se coignoissant aux approches de la mort, il demanda les derniers sacrements, aussy tost venu maistre Jean Eléonord BOUILLET prêtre sociétaire curé de Paray docteur en Ste Théologie luy apporta et administra la Ste Extrème Onction à 4 heures du matin, après quoy ledit GUIOT fut pendant trois heures à l’agonîe sans parole et sentiment et rendit son âme à Dieu à sept heures du matin. Je ne puis omettre que ledit Francois GUIOT, aussi tost après sa cheutte, demanda son curé, on madvertit de son malheur à la sortie de l'office divin et messe parrossiale ledit jour de la feste Dieu en mesme temps j’allay voir ledit GUIOT et iceluy me disant ne sentir aucun mal ayant la voix, l’ouye et la vue fort bonne. Je cru qu’il estoit bien à propos de différer jusques au lendemain de luy donner les sacrements pour luy faire recevoir à jeun et avec plus de décence et de respect.
Le lendemain qui fut le 25 juin je luy portay le St Sacrement et après s'estre encore bien dehument et devotement confessé, il recut son créateur avec toutes les marques d'un bon chrestien. Le 27, 29 et 30 juin je fus expres à Paray pour voir, consoler et faire prier dieu ledit Francois GUIOT. Le vendredi suivant 2 jour de juillet, ayant ouy dire qu’il s'abaissoit j’allay à Paray ou estant arrivé sur les dix heures j’appris qu’il estoit mort depuis les sept heures du matin.
    Sur le midy du mesme jour, tous les maistres médecins et chirurgiens cy dessus nommés commencèrent l’ouverture de ce corps. On trouva son cœur, son foye, ses poumons si nets et si sains qu'ils dirent tous que sans cette malheureuse cheutte ou autre accident violent, nature estoit assez forte pour luy donner vie cent ans. Et après qu'ils eurent fait l’ouverture dudit corps et visité l’estomac et le ventre et recognu les conduits d'en bas fermés et affaiblis ils trouvèrent la ditte vertèbre (qui par dehors ne parraissoit que hors de son lieu) rompue, enfoncée et brisée par dedans et le continu de la moëlle de l’espine du dos dissou et rompu, l'estomac plein de sang, partie coulant, partie figé et s'estonnèrent tous comment ledit patient avoit pu encore vivre huict jours entiers après sa cheutte parce que le coup estoit si furieux et si caché au-dedans qu'il devoit mourir un moment après sa cheutte. Pour la grande affection que j’ay pour mes parroissiens j’ay souvent visité ledit malade, invité et prié des prêtres de Paray de le voir et autre, j’ay voulu voir et assister à toutes les consultations faites pour luy. J’ay vu aussy l'application des remèdes et l'ouverture de son corps, laquelle estant faitte et toutes les entrailles remises dedans et le corps cousu par les fratries, puis lavé et enveloppé dans un drap, fut mis dans un cerceuil et d'autant que ledit Francois GUIOT pendant les 8 jours de sa maladie avoit requis et demandé à diverses fois que si Dieu disposoit de son âme, que son corps fut aporté et enterré à St Léger ; pour satisfaire à ses intentions Catherin GUIOT père dudit Francois le fit aporter audit St Léger, tellement que à soleil couchant dudit jour 2 juillet, monsieur le curé de Paray cy-devant nommé accompagné de messieurs les vénérables Francois BELLAVENNE, Claude de la METERIE et Philibert de la METERIE prêtres sociétaires au dit Paray, fit l'enterrement du corps, moy présent revestu d'un surplis et d'une estole, et nous tous amenasmes le corps avec chant, lumière et solemnité funèbre jusques à la porte ditte du Cornillon et finissant le chant monsieur le curé de Paray dit l’oraison funèbre et Miserere puis s’en retourna ledit sieur curé avec messieurs les dits vénérables.
    De là je conduis le corps à St Léger où nous arrivasmes fort tard et, parce que ledit corps avoit esté ouvert et qu'il faisait excessivement chaud, on ne put différer son enterrement jusqu'au jour, pourquoy fut enterré ceste mesme nuit et inhumé dans le cimetière au devant de la petite porte avec toutes les cérémonies en tel cas requises. Il est mort bien contrit bien résolu à la volonté de Dieu bien confessé et communié, a recu la ste extreme onction, a esté bien assisté spirituellement et temporellement, a mis ordre à ses affaires temporelles. Il a esté bien assisté à l'heure de sa mort. Je crois que son âme est sortie de ce monde en estat de grâce et qu'elle est en lieu de repos, requiescat in pace. J'ay escrit tout ce que dessus pour l'avoir vu propriies oculis et pour la rareté du fait qui paraistra incroyable à ceux qui le liront après moy et qui a surpris et estonné messieurs les médecins et tous messieurs les chirurgiens et pour laisser à mesme un advis à messieurs mes vénérables successeurs de bien exhorter leurs parroissiens de n'aller jamais aux cerises les festes et dimanches qu'ils n'ayent ouie la Ste Messe, de fuir tout vice et péché et se conserver précieusement et soigneusement dans la Ste Grâce et de se bien recommander à Dieu, vu qu’ils ne scavent le jour et l'heure auxquels la mort qui les cherchent continuellement les attaquera, vigilate quia nescitis diem neque horam...
    Le samedy suivant 3 juillet qui fut le lendemain après l'enterrement, Catherin GUIOT père dudit Francois et Blaise BORDE enceinte et sur ses jours, relicte dudit feu Francois et leurs personniers firent sonner les 3 rappels de mort, assistèrent à l’office de Ste Messe chanté et célébré pour ledit defunct Francois, pour lequel ne fut sonné à l'arrivée de son corps dans la paroisse ny dans l’eglize en raison de l'heure indigne de la nuit, le dimanche onzième jour de juillet on fit le luminaire et les prières dudit feu Francois GUIOT.

    Je certifie et atteste le tout estre véritable comme je l’ay escrit cy dessus, tesmoing mon seing cy mis, fait à St Léger ce jourdhuy douziesme jour de juillet mil six cent soixante six.

Signé J. J. DELAPANDERIE

Sources:   
"Nos ancêtres et Nous" N° 134
Archives départementales de Saône et Loire - Registre de Saint-Léger-les-Paray (1643-1694 - page 102/145)






Ascendants de Jean-Marc DUCERF jusqu’à Catherin GUYOT

Génération 1
1 - Jean-Marc DUCERF 1953
Génération 2
3 - Hélène Marie DELORME 1923
Génération 3
7 - Jeanne DUCAROUGE 1897-1970
Génération 4
14 - François DUCAROUGE 1864-1933
Génération 5
29 - Marie BERNARD 1883
Génération 6
58 - François BERNARD 1812-1874/
Génération 7
116 - Benoît BERNARD 1788-1838
Génération 8
232 - François BERNARD 1762-1839
Génération 9
464 - Claude BERNARD ca 1730-1764
Génération 10
928 - François BERNARD 1698-ca 1755
Génération 11
1 856 - Claude-Marie BERNARD 1667-1710
Génération 12
3 713 - Marie GUYOT ca 1640-1705
Génération 13
7 426 - Catherin GUYOT ca 1605-