UN ENTERREMENT MOUVEMENTE A DIGOIN

Le 29 Nov. 1723



Voici la transcription d'un acte de décès, pour le moins bizarre.
Un intrus, joseph Marie Mally a essayé d'empêcher l'enterrement
en dérobant le corps du chariot qui l'emmenait à la Motte,
Pour l'emmener à l'église de Digoin.
Il n'était sans doute pas très satisfait que la morte soit enterrée à la Motte.
Cela fît scandale !
Visiblement le Sieur Mally n'en était pas un son coup d'essai !


Relevé à DIGOIN, le 29 nov. 1723 l'acte suivant :

AD71 Digoin - 1722 - 1729 - page 49/186





"Le vingt neuvième novembre mil sept cent vingt trois après midy j'ay inhumé au cimetière de La Motte Saint Jean, celuy de Digoin interdit, Charlotte Ligonet agée d'environ soixante années de l'aveu de sa fille, munie des sacrements de pénitence, Eucharistie et Extrême-onction morte depuis le vingt sept à midi laquelle n'a pu être inhumée le vingt huit ayant été enlevée de dessus le chariot qui la portait à la Motte Saint Jean, de l'authorité de Joseph Marie Mally habitant de ce lieu, qui après avoir coupé les cordages qui la tenaient sur le chariot la fit reporter à l'église au grand scandale de toute la paroisse assemblée, et où elle est restée jusqu'à ce jour et a esté conduite de l'ordre de ses parents à une heure après midi au cimetière de La Motte Saint Jean où je me suis transporté et ay fait l'inhumation en présence de sa fille, de Robert Bidaud et plusieurs autres qui ne signent de ce enquis. "

Chevallier Prêtre Curé de Digoin















Remarque

ll est à propos de faire remarquer à ceux qui viendront après nous que l'impiété de Joseph Marie Mally en cette occasion est une suite de plusieurs autres et particulièrement du peu de respect qui parait en lui pour les choses saintes et pour les ministres du Seigneur : l'an mil sept cent seize ce malheureux poussé de rage contre maitre Jean Gilbe alors vicaire de Digoin qui par différentes fois avait donné de bons conseils à ce jeune libertin, donna un coup de fusil au vicaire dénommé avec dessein de le tuer. Il y eut des informations de ce délit mais elles n'ont point été suivies ce qui a occasionné notre homme à ce second délit qui parait autant digne de lui qu'il ne s'est pas encore présenté à l'église pour faire ses pâsques: sa maison passe pour un lieu infâme où il ne parait jamais que de jeunes libertins. Son père qui se meurt de douleur de voir que malgré ses bonnes instructions et remontrances il ne va que de mal en pis l'a abandonné à sa malheureuse destinée et ne veut point entendre parler de luy. Je parle de son aveu. "

Chevallier Prêtre Curé de Digoin

















Avec l'aide de "Nos ancêtres et nous" N° 21 page 9