Les
mariages scandaleux et les charivaris
Le repas
de noce de Pieter Brueghel
Les mariages qui faisaient particulièrement
scandales étaient ceux contractés entre deux personnes d’un âge très
inégal.
Un proverbe du pays d’Armagnac dit : « Mariage de deux
jeunes, mariage du Bon Dieu ; mariage de jeune et de vieux, mariage du
Diable ; mariage de deux vieux, mariage de merde. ».
Le mariage entre une fille du village et un étranger au village était
également mal vu ainsi que le mariage entre deux personnes de
situations sociales très inégales.
Les jeunes du village se vengeaient contre les nouveaux époux en
organisant un charivari.
Le charivari est défini dans le Dictionnaire universel de Furetière,
paru en 1690, comme un « bruit confus que font des gens du peuple
avec des poëles, des bassins et des chaudrons pour faire injure à
quelqu’un. On fait des charivaris en dérision des gens d’un âge fort
inégal qui se marient ».
La coutume consistait à faire un grand bruit lorsque qu’un mariage
paraissait anormal.
Elle pouvait réunir trois, dix personnes ou plus.
Ces bandes de jeunes étaient alors appelées « royaumes de jeunesse ».
Les participants soufflaient dans des cors, jouaient du fifre, tapaient
sur des caisses, poussaient des cris sous les fenêtres des mariés.
Les jeunes leur extorquaient parfois de l’argent, manière pour les
époux de se racheter.
Lorsqu’un homme étranger venait à épouser une fille du village, les
jeunes gens pouvaient également aller à la taverne ou au cabaret faire
ripaille et bombance parfois sur plusieurs jours, avant de faire payer
l’addition au nouveau mari.
Tant les autorités civiles que l’Église répétèrent leurs condamnations
à l’égard du charivari, considéré comme une atteinte à la Sainteté du
mariage.
Cette pratique populaire perdura néanmoins jusqu’à la fin du XIXe
siècle.